Parcours d’une repreneure avec Catherine Roy-Cardin d’ACCS

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec est allé à la rencontre de Catherine Roy-Cardin, Vice-présidente Expérience Client chez ACCS. Elle a récemment repris avec trois autres associés les rênes de l’entreprise, cofondée par son père il y a près de 30 ans. Elle nous raconte dans cette entrevue ses motivations, son parcours et son expérience en tant que repreneure.

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  1. Tout d’abord, présentez-nous brièvement votre entreprise.

ACCS est spécialisée dans le domaine de l’intelligence des bâtiments. L’entreprise a été fondée en 1992 par mon père, André Cardin et son partenaire Christian Savard. Je connais donc la compagnie depuis ses tout débuts, elle a démarré très modestement dans le sous-sol de notre maison. À l’époque, j’avais 9 ou 10 ans ! ACCS a connu une belle croissance et elle compte aujourd’hui près de 80 employés et un chiffre d’affaires se situant entre 15 et 20 millions. Notre mission c’est de prendre soin des gens et de l’environnement ! Nous transformons les bâtiments en des espaces de vie connectés, écoresponsables et riches en expériences pour tout le monde.

  1. Pourquoi avoir pris le virage du repreneuriat ? Quels ont été les éléments déclencheurs ?

J’ai étudié en génie mécanique avec l’idée de reprendre l’entreprise de mon père un jour. En sortant de l’université, j’ai travaillé dans les domaines de l’efficacité énergétique et des bâtiments. Douze ans plus tard, je me suis sentie prête ! J’avais fondé ma famille et acquis de l’expérience. Au fond de moi, j’avais la conviction que je pouvais apporter de la valeur à l’entreprise. De plus, le « timing » était parfait, car les fondateurs recherchaient activement leur relève. En voyant qu’il y avait un groupe de repreneurs qui s’organisait, j’ai voulu en faire partie. Cela fait deux ans déjà et je ne regrette pas un seul instant ma décision.

  1. Quel type de reprise avez-vous fait ?

Nous formons un groupe mixte de quatre repreneurs aux talents complémentaires. Un des associés était un employé clé de l’entreprise, les deux autres sont des repreneurs externes et moi-même, un membre de la famille Cardin.

  1. Quelle a été votre première démarche ?

Mon père espérait que je rejoigne l’entreprise un jour. Nous savions tous les deux que l’initiative devait venir de moi, au bon moment et pour les bonnes raisons. J’ai organisé un lunch pour lui annoncer que j’avais pris ma décision et que j’embarquais dans l’aventure. C’est avec beaucoup d’émotions que nous avons célébré cette grande nouvelle.

  1. Vers quels organismes ou personnes vous êtes-vous tourné en premier ?

Peu de temps après mon arrivée chez ACCS, j’ai communiqué avec le CTEQ que je connaissais de nom. Après avoir survolé le site internet où l’on trouve une mine d’or d’informations, j’ai pris contact avec le conseiller de ma région et nous nous sommes rencontrés. Nous avons été bien encadrés dès le départ, et ce pendant tout le processus de transfert. Notre conseiller au CTEQ a vraiment joué un rôle rassurant et essentiel, il a suivi notre rythme et répondu à nos nombreuses questions. Il nous a également présenté des ressources externes spécialisées et il a fait le lien entre notre équipe et tous les intervenants impliqués.

  1. Racontez-nous brièvement comment s’est passée la cohabitation entre les releveurs et les cédants.

Nous avons tout d’abord fait un exercice de planification stratégique. Au cours de cette première étape, nous nous sommes questionnés sur nos motivations respectives et la mission de l’entreprise. Nous avons constaté que nous partagions les mêmes valeurs humanistes et environnementales.

Pour que nous puissions grandir dans nos rôles, il fallait nous laisser plus de place. Les employés avaient le réflexe de se référer naturellement à André et Christian et ceux-ci ont dû apprendre à les rediriger vers nous. La période de cohabitation nous a permis de nous ajuster et de créer des relations de confiance tant avec les associés sortants qu’avec l’équipe.

Puis, nous avons nommé à la tête de l’entreprise un nouveau président, Simon Fournier, dont la vision est en continuité avec celle de son prédécesseur.

  1. Quels ont été vos principaux défis ? Comment les avez-vous surmontés ?

Mon plus grand défi a été d’apprendre à jongler avec les différents chapeaux et plusieurs niveaux de responsabilité. Je suis à la fois actionnaire, gestionnaire au titre de vice-présidente et je m’occupe de plusieurs comptes clients. Je dois m’adapter selon mes interlocuteurs et les multiples situations à gérer.

  1. Selon vous, quels sont les avantages à reprendre une entreprise ?

Personnellement, je n’aurais pas eu le courage de démarrer une entreprise. J’ai préféré saisir l’opportunité d’intégrer une organisation qui a déjà une feuille de route, de l’expérience, des clients et des ressources.

  1. Quelles sont les qualités et les compétences à avoir en tant que repreneur d’entreprise ?

Je pense que cela prend de l’énergie, de la fouge et du leadership. Il faut souhaiter avoir des responsabilités importantes et avoir envie de piloter. Il faut également avoir de grandes habiletés relationnelles parce que reprendre une entreprise, c’est intégrer un groupe déjà établi.

  1. Si vous retourniez en arrière, que feriez-vous autrement ?

Je referais exactement la même chose. J’ai rencontré des personnes inspirantes tout au long de mon parcours avec lesquelles j’ai bâti des relations de confiance et même d’amitié !

  1. Avez-vous commencé à préparer votre propre plan de relève ?

Pour le moment, c’est beaucoup trop tôt ! Quand nous penserons à planifier notre propre plan de relève, je crois que mon père aura de bons conseils à nous donner.

  1. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui se lance aujourd’hui dans un projet repreneurial ?

Je lui dirai de ne pas hésiter à se faire accompagner, je pense que nous avons gagné beaucoup de temps grâce à l’expertise du CTEQ. Bien s’entourer et prendre soin de soi et de ses partenaires, c’est essentiel pour avancer et faire face aux épreuves. De bons associés, une machine à café et le tour est joué !

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