Acheter une entreprise à 55 ans, c’est possible !

Robert Larocque a toujours voulu être à la tête d’une entreprise. Il réalise ce rêve à 55 ans, en reprenant une entreprise bioalimentaire en Estrie.
Noba

Robert Larocque, CPA, CGA, a toujours voulu être à la tête d’une entreprise. Il réalise ce rêve à l’âge de 55 ans, en reprenant l’automne dernier, une petite entreprise du secteur bioalimentaire en Estrie. Il nous raconte son parcours de repreneur.

POURQUOI AVOIR CHOISI LE REPRENEURIAT ?

Je suis un comptable de formation, mais je n’ai jamais voulu être un spécialiste de la comptabilité. En sortant de l’université, j’ai lancé deux entreprises, de manière un peu naïve et avec peu de succès.

Dans ma carrière, j’ai toujours cherché à être au service des entreprises et surtout, des petites entreprises au sein desquelles je finissais toujours par faire un peu de tout. On me confiait non seulement des tâches de comptabilité, mais aussi de gestion des TI, des ressources humaines par moment, de la qualité et de la logistique. Ce bagage m’a préparé à devenir repreneur.

QUELLE A ÉTÉ VOTRE PREMIÈRE DÉMARCHE COMME REPRENEUR ? 

J’ai pris le temps de « magasiner » des entreprises sur différentes plateformes, notamment sur l’INDEX du CTEQ. Après trois mois de recherches, c’est là que j’ai trouvé. J’ai d’ailleurs apprécié la position neutre et professionnelle du CTEQ dans le processus de transfert.

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DÉCRIVEZ-NOUS L’ENTREPRISE QUE VOUS AVEZ ACQUISE

Alégria est un fabricant artisanal de pâtes alimentaires sèches biologiques de Stornoway, au nord de Lac-Mégantic. L’entreprise a été fondée par la meunerie La Milanaise. Elle a été reprise en 2008 par un couple qui se dirige maintenant vers la retraite.

POURQUOI L’AVEZ-VOUS CHOISIE ? 

Alegria était mon coup de cœur. Même si je la trouvais trop petite, je voyais tout son potentiel. Ce qui m’a plu, c’est le côté écoresponsable de ce fabricant d’aliments biologiques. Cela s’inscrit dans mes valeurs et dans les tendances actuelles.

L’entreprise a peu de compétiteurs : elle est la seule productrice de pâtes biologiques au Québec à mettre en marché une gamme aussi variée de produits.

RACONTEZ-NOUS BRIÈVEMENT VOTRE PREMIÈRE RENCONTRE AVEC LES CÉDANTS  

Quand j’ai visité les lieux, il y a eu un « clic » entre nous. Ce sont des gens extraordinaires qui voulaient céder à quelqu’un qui partageait les mêmes valeurs d’écoresponsabilité et d’approche humaine.

QUEL TYPE DE TRANSFERT AVEZ-VOUS FAIT ?

Je suis devenu actionnaire principal de la compagnie. Les anciens propriétaires ont gardé des parts.

QUELS ONT ÉTÉ VOS PRINCIPAUX DÉFIS ? 

Mon premier défi a été d’aller chercher le financement. Pour ce faire, j’ai dû :

  • Convaincre des banquiers traditionnels comme la Banque Nationale, Desjardins ou autre
  • Convaincre un organisme comme Investissement Québec afin qu’il donne une garantie de prêt à la banque
  • Avoir un troisième partenaire comme un Centre local de développement (CLD) qu’on doit convaincre afin qu’il nous octroie un prêt
  • Faire une mise de fonds d’au moins 25 %

Un autre de mes défis est de gérer une entreprise située à 150 km de chez moi qui habite à Bromont.

SELON VOUS, QUELS SONT LES AVANTAGES DE REPRENDRE UNE ENTREPRISE ? 

Quand on démarre une entreprise, on n’a pas validé le marché pour notre produit. Avec une reprise, on peut se baser sur un historique, sur une expertise acquise au sein de l’équipe. On garde aussi tous les collaborateurs, cela facilite les opérations.

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QUELLES SONT LES QUALITÉS ET COMPÉTENCES À AVOIR EN TANT QUE REPRENEUR ? 

Il faut détenir des compétences pour les différents aspects de la gestion d’une entreprise et pas seulement avoir des notions financières. J’avais touché à plusieurs de ces fonctions dans le passé, mais j’avoue que je me suis doté de renfort pour ce qui est du marketing et des ventes.

COMMENT SE DÉROULE VOTRE PROPRE PLAN DE RELÈVE ? 

J’avais plutôt besoin d’un transfert de connaissances techniques, car je maîtrise bien la gestion financière et la gestion d’une usine. Je ne connaissais cependant rien à la fabrication de pâtes bio !

C’est pour cela que l’ancien propriétaire, le directeur des opérations, reste à mes côtés. Il est prêt à rester le temps qu’il faudra, mais pour un maximum de 3 ans. Comme il reste actionnaire, il s’implique beaucoup. On est tous gagnants.

QUELS CHANGEMENTS AVEZ-VOUS FAITS DEPUIS ?

J’ai décidé de changer le nom de la marque pour Noba. Alégria n’était pas une marque déposée. Je me suis dit : « Tant qu’à pivoter, changeons le nom ! ».

Nous sommes passés d’environ 40 produits à 6, fabriqués avec 2 farines (kamut et épeautre). J’ai aussi changé l’emballage en passant du sac de plastique à la boîte faite de fibre recyclée et biodégradable.

Nous lancerons d’ailleurs nos produits en avril sur le marché québécois. C’est très excitant !

COMMENT VOUS PORTEZ-VOUS EN TANT QUE NOUVEAU PATRON D’ENTREPRISE ?

Je suis stimulé à l’os ! J’ai beaucoup trop d’idées, je dois parfois me lever la nuit pour les noter !

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