Achat d’entreprise : D’actionnaires minoritaires à propriétaires : Un rêve d’indépendance se concrétise

Le CTEQ s'est entretenu avec Mathieu Morin et Maxime Navert, devenus récemment propriétaires du studio Lamajeure avec Alexandra Stréliski.
achat du studio de musique lamajeure

Lamajeure est un studio d’enregistrement, de postproduction sonore et de composition musicale fondé en 1984. C’est dans ses studios que des artistes chouchous des Québécois comme Daniel Bélanger, ou Jean Leloup y ont enregistré leurs albums.

Le studio a changé de mains officiellement cette année, repris par trois de ses anciens actionnaires minoritaires. Mathieu Morin et Maxime Navert étaient respectivement mixeur en chef et producteur musical avant de tranquillement assurer la codirection générale au sein de l’entreprise rachetée en 2016 par un groupe d’investisseurs. Alexandra Stréliski complète le trio, en tant qu’ambassadrice du studio, en parallèle de sa carrière internationale de musicienne.

MATHIEU : « C’est important pour nous de ne pas se séparer de sa passion, ni de s’enfermer dans son bureau et de s’éloigner des opérations. »

Histoire de reprise interne

L’entreprise a été rachetée en 2016. Maxime et Mathieu ont pris la direction générale en 2019.

MAXIME : « Nous avions les mains sur les rênes de l’entreprise parce que le studio était géré de façon indépendante. Or, les grandes décisions étaient prises par l’actionnaire principal. »

Comment est arrivée cette idée de rachat de l’entreprise ?

Le premier pas était venu du groupe propriétaire. Les directeurs ont été approchés en tant que spécialistes, experts du milieu pouvant repositionner l’entreprise.

MAXIME : « Puis, tranquillement, nous avons pris conscience de notre force comme pilotes de l’entreprise. La racheter nous paraissait toutefois financièrement inaccessible. Le groupe propriétaire nous a encouragés à le faire. Entre notre intention d’achat et la transaction finalisée, il s’est écoulé 1 an et demi, et une pandémie ! La pandémie a été un moment extraordinaire pour brasser des idées. »

Dans le processus de transfert qu’avez-vous trouvé le plus difficile ?

MATHIEU : « La période de négociations a été ardue. Le secteur culturel est assez intangible avec beaucoup de variantes à considérer quand vient le temps de fixer la valeur marchande de l’entreprise. Comment chiffrer les travaux en cours, les droits de propriété intellectuelle, la valeur de notre catalogue de musique, nos contrats d’édition, nos équipements, mais aussi notre grande notoriété et notre liste de clients amassés au fil des ans ? Ce n’est pas simple ! Il a fallu vendre notre évaluation aux cédants, un groupe de gens d’affaires habitués aux transactions qui maîtrisait l’art de la négociation. »

MAXIME : « Notre force, c’est la connaissance pointue de notre milieu. Nous avons tenu bon tout en étant collaboratifs et ouverts. Dans ce genre de discussions, il faut savoir céder un peu. Nous avons à cet effet fait preuve de créativité pour trouver des solutions. Par exemple : accepter une hausse du prix de vente en échange d’un contrat de sous-traitance accordé à l’ancien propriétaire. Ce genre d’entente est gagnante pour tout le monde. »

Si vous aviez un conseil à donner sur cet aspect de négociations, quel serait-il ?

MATHIEU : « Il faut vraiment communiquer avec le vendeur et ne pas nécessairement faire intervenir un avocat ou un médiateur dès les débuts. Cela pourrait instaurer un climat de confrontation. »

Les nouveaux propriétaires ont fait appel à un conseiller du CTEQ au début du processus qui les a aussi informés des étapes à suivre et d’éléments clés à considérer avant de se mettre en action.

« On est allés chercher beaucoup d’informations par nous-mêmes et nous sommes entourés de gens d’affaires d’expérience. Je conseille de le faire avant de faire intervenir des professionnels dont les taux horaires sont élevés. Bien entendu, les avocats seront tout de même indispensables plus tard dans le processus. »

Qu’est-ce qui a changé depuis que vous êtes les seuls actionnaires ?

MAXIME : « On va enfin pouvoir avancer nos grandes idées, celles qu’on a depuis 2016. On a une volonté de faire des investissements, alors qu’avant on ne pouvait pas décider entièrement. C’est une petite victoire et une grande fierté qu’on partage avec notre équipe (une vingtaine d’employés). »

Le trio aimerait mettre sur pied un département multidisciplinaire avec des projets de son immersif pour le multimédia, l’événementiel, les musées, etc.

« On se rapproche encore plus du rôle de gestionnaire, mais on a l’intention de faire des affaires à notre manière, avec un maximum de créativité ! »

À lire : Reprendre une entreprise du secteur culturel

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