Sylvie Raymond nous apporte son expertise en stratégie financière

Sylvie Raymond, Fellow de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec et membre de notre CA a vécu plusieurs expériences de transfert d’entreprise dans de grands groupes.


Présentez-vous-en quelques lignes 

Je suis Fellow de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec et diplômée de l’Université  de Sherbrooke. J’ai occupé plusieurs postes de cadre supérieur au sein de groupes importants dans l’industrie des assurances et des services financiers.

Je suis maintenant bien outillée pour offrir mes compétences en tant que consultante dans les domaines de la réorganisation et transformation organisationnelle, de la stratégie et de la vigie de la  performance financière aux organisations ayant besoin d’accompagnement dans la réalisation de leur projets. Je contribue aussi à la collectivité en tant qu’administratrice au sein d’organismes à but non lucratif tel que le CTEQ.

Quel est votre lien avec le transfert d’entreprise ?

Au cours de ma carrière, j’ai été professionnellement et personnellement touchée par plusieurs transferts d’entreprises. J’ai pu collaborer à plusieurs achats et vente d’entreprises et aux réorganisations qui ont suivi. Finalement, j’ai vécu toutes les émotions des dirigeants et des employés lors de ventes ou d’achats d’entreprises.

Est-ce ces situations qui vont ont donné l’envie de vous impliquer dans le Conseil d’Administration du CTEQ ?

Tout à fait. Ayant œuvré au sein de grandes entreprises toute ma carrière, je souhaitais apporter mes compétences pour le bénéfice des PME qui sont le terreau de l’économie québécoise. La mission du CTEQ me tient donc beaucoup à cœur et cet organisme est un outil remarquable pour faciliter le transfert entre générations d’entrepreneurs et la pérennité des entreprises d’ici. Le CTEQ étant  un nouvel organisme, l’idée de participer à sa mise en place est un défi très stimulant.  De plus, pouvoir partager des expériences et compétences avec des entrepreneurs provenant de toutes les régions du Québec est une expérience très enrichissante.

Expliquez-nous-en quoi consiste votre travail au CTEQ ?

En tant que comptable professionnelle agréée, j’assume le rôle de  présidente du comité d’audit. Le mandat de ce comité est principalement de veiller à la vigie financière du CTEQ, de s’assurer que l’organisme soit bien structuré en terme de politiques administratives et de procédures de contrôles internes  afin d’assurer la conformité aux ententes contractuelles, légales et règlementaires. Le comité est aussi le gardien de l’information financière et du respect des engagements budgétaires. Son mandat inclut aussi la vigie des principaux risques auxquels l’organisme pourrait avoir à faire face.

À quel point l’aspect financier est important dans un processus de transfert selon vous?

C’est un élément névralgique de la transaction qu’il est important de ne pas négliger. Parfois certains propriétaires décident tardivement de vendre leur entreprise et mettent moins d’efforts à valoriser leur entreprise, en développant de nouveaux marchés ou produits au cours des années précédant leur sortie d’entreprise, ce qui peut réduire sa valeur. Effectivement, ils pensent souvent plus à leur retraite et négligent la valorisation. A cet égard, les deux parties ont avantage à s’entourer d’experts afin de faciliter les négociations sur les termes et conditions financières  de l’entente.

Quels conseils donneriez-vous à un cédant qui souhaite transmettre son entreprise ?

Le premier conseil serait d’établir un plan de relève continu pour tous les postes clés de l’entreprise et d’établir une entente de succession claire afin d’être prêt en cas d’imprévu. En effet, j’ai  vécu une expérience professionnelle d’un transfert d’entreprise pour cause de décès accidentel de l’actionnaire principal de la société. Cette situation a été au désavantage de certains membres de la famille car l’entente de succession n’avait pas été clairement communiquée au préalable. Il est capital de tout prendre en considération.

De plus, il est très important que le cédant et le repreneur établissent ensemble un plan  assurant une communication transparente et fréquente tout au long du processus de transfert. Le rôle du cédant doit être clair pour les deux parties et doit être dit et convenu. La clé de la réussite c’est la communication et la planification.

Enfin, le cédant devrait planifier la vente de son entreprise afin d’en maximiser le prix.

Un mot sur votre région, l’Estrie ?

Depuis plusieurs années, la région, soutenue par la communauté des affaires et l’Université de Sherbrooke, met en œuvre des efforts considérables pour valoriser l’entrepreneuriat, notamment par l’intermédiaire de différents organismes comme l’Accélérateur de création d’entreprises technologiques ou encore le Pôle d’intelligence d’entreprises. Ces organismes sont très actifs dans la région. J’ajouterai également le virage entrepreneurial de l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke : en 2015 elle a lancé une concentration en entrepreneuriat dans son programme de Baccalauréat en administration des affaires. L’objectif est de développer l’esprit entrepreneurial des futurs gestionnaires et entrepreneurs du Québec et tout comme le CTEQ, l’Université a saisi l’urgence de stimuler la relève et sensibiliser à la reprise d’entreprise.